la carte au trésor

IV.53

Ce qu’on apporte dans une île est sujet à métamorphoses. Une île est comme un doigt posé sur une bouche invisible et l’on sait depuis Ulysse que le temps n’y passe pas comme ailleurs.
Nicolas Bouvier, Le poisson-scorpion

le soleil sur son visage réveilla Charlotte, elle n’ouvrit pas les yeux tout de suite, activant d’abord via son ordi le filtre sur l’habitacle de l’astronef, et, alors que l’ombre la recouvrait, elle se rendit compte qu’autre chose l’avait réveillé, un bruit, des notes, elle releva la tête et redressa son siège,
«ah, te voilà, toi!» s’exclama-t-elle,
là-bas, sur la plage, un enfant blond frappait légèrement sur les cordes du chromaphone, si légèrement que les sons qu’il produisait parvenaient à peine à s’élever dans l’air, Charlotte devait tendre l’oreille pour les percevoir distinctement, à cette distance elle ne pouvait déterminer s’il s’agissait d’un garçon ou d’une fille, le chromaphone lui arrivait aux épaules et il ou elle devait tenir ses bras bien hauts pour pouvoir jouer, il ou elle devait avoir, quoi, huit ans? dix? douze peut-être? ou six? elle ne pouvait dire, elle le voyait de dos, il ou elle était complètement nu(e), la lumière du jour reluisait sur l’ébène de sa peau, même Sand qui pourtant était une des personnes les plus foncées qu’elle connaissait ne l’était pas autant que cet enfant, sa longue chevelure blonde qui lui tombait en larges boucles sur les épaules faisait un drôle de contrastre sur l’opaque de cette peau, presque comme s’ils n’allaient pas ensemble, comme si l’enfant s’était affublé d’une perruque, ce qui lui parut une idée farfelue,
elle activa les amplificateurs de l’astronef et reconnut tout de suite la musique, c’était son adagio à elle! son adagio en dentelles qu’elle avait si souvent joué sur sa flûte raméenne,
elle fut prise d’une idée subite, elle se précipita dans son holosuite pour en revenir avec son instrument et se planter debout dans l’habitacle, elle activa les hauts-parleurs, pas trop fort pour pas effrayer l’enfant musicien, et enchaîna en duo avec le chromaphone, sur le coup l’enfant ne réagit pas, il continuait à frapper délicatement sur les tiges du chromaphone comme s’il n’entendait pas la flûte ou comme s’il n’en avait que faire,
continant à jouer Charlotte demanda mentalement à son ordi de se connecter avec la matrice de l’holosuite de Sand pour activer une version minimale de son hologramme et l’inviter de venir la rejoindre dans l’habitacle,
une demi-minute plus tard un hologramme vraiment minimal de Darsan traversa la porte de son holosuite comme un fantôme qui passerait à travers un mur et s’immobilisa à côté de Charlotte, elle ne put réprimer un sursaut en le voyant, ce qui lui fit sauter une note, l’enfant devant son chromaphone arrêta aussitôt de jouer, Charlotte continua encore un peu, mais l’enfant restait immobile, les baguettes au bout des bras, elle cessa de jouer, elle hésita un moment, puis,
«enfant métamorphe?» dit-elle à voix basse,
rien ne se produisit pendant quelques minutes, Charlotte déposa la flûte sur une tablette virtuelle et jeta un coup d’oeil sur l’hologramme de Darsan, il était vraiment minimal, elle voyait à travers lui comme à travers une coquille transparente dans laquelle zigzaguaient des rubans de pixels, son ordi, qu’elle apercevait à travers sa tête, flottait près de sa tempe comme un cristal translucide, il la regarda un moment, elle eut un autre sursaut, ses yeux étaient comme deux billes dans son visage pixellisé, elle pouvait discerner de l’intérieur sa crinière courir du haut de son crâne jusqu’au bas de son dos sous son t-shirt qui avait l’air d’une couche de plexiglas, il eut un petit sourire, il semblait comprendre l’effet qu’il lui faisait, elle sourit timidement à son tour, puis reporta son regard sur l’enfant métamorphe,
il avait replié les pattes du chromaphone, qui resta suspendu dans l’air devant lui, ou elle, après quoi, ses mains à chaque extrémités de l’instrument, il le rabattit comme un accordéon jusqu’à ne plus tenir qu’une tige de lumière blanche comme un tube au néon, l’enfant étira le tube à sa taille, l’ouvrit avec le dos des deux mains comme on écarte les brins d’un rideau de perles, et passa de l’autre côté, les brins se remirent en place et le tube reprit sa forme,
«ah ben là!» dit Charlotte, complètement sidérée,
mais elle n’était pas au bout de sa surprise, la main de l’enfant réapparut hors du tube, laissa tomber quelque chose sur le sable et réintégra le tube, lequel se résorba en une mince ligne lumineuse qui elle-même s’éteignit dans un petit flash,
«ah ben là!» répéta-t-elle, «t’as vu? ça alors!»
l’hologramme fit oui de la tête, il avait vu, bien sûr,
«mais qu’est-ce que ça veut dire?» demanda-t-elle, «qu’est-ce qui vient de se passer?»
elle se rendit compte qu’elle avait laissé les haut-parleurs allumés, elle les éteignit,
«rappelle-toi de la sphère de Dyson,» dit l’hologramme, «il s’agissait en quelque sorte d’une dimension parallèle,» il observa un moment de silence, puis ajouta, «en quelque sorte,»
«tu veux dire que l’enfant vient de traverser dans une autre dimension?» demanda-t-elle,
«une dimension parallèle,» dit-il, «ça ou nous sommes le jouet d’une hallucination,»
«une hallucination? non, je crois pas,» dit Charlotte, «mais une dimension parallèle, ça expliquerait bien des choses, non? à commencer par son principe d’incertitude, ben je veux dire, tu sais ce que je veux dire,»
«il faudrait aller chercher ce qu’il a laissé tomber sur le sable,» dit l’hologramme,
«ouais, j’y ai pensé,» dit Charlotte,
elle vint pour sortir de l’astronef, se ravisa, pas question de marcher pieds nus sur la plage, elle avait ôté ses espadrilles la veille, elle les chaussa et sortit,
elle cligna des yeux sous la lumière du soleil, il faisait très chaud, il n’y avait pas un souffle de vent, pas même une petit brise rafraîchissante, l’air était lourd d’humidité, la mer était calme, roulant ses vagues paresseuses sur la plage, les cris des animaux fusaient de la forêt, des oiseaux zébraient le ciel, le trou noir apparaissait comme derrière une vitre embuée dans la lumière vaporeuse à l’horizon,
Charlotte ne bougeait pas, elle était comme figée, pas qu’elle avait peur, pas vraiment, mais elle avait l’impression que si elle faisait quelques pas pour s’éloigner de l’astronef la réalité dans laquelle elle évoluait se transformerait …, elle n’avait aucune idée comment, ni en quoi, c’était juste une sensation d’étrangeté qui pesait comme une chape invisible sur cette plage qu’elle connaissait pourtant si bien, elle s’ébroua,
c’est ce sapré métamorphe avec ses trucs de passe-passe qui m’a déboussolée, pensa-t-elle, c’est juste ça,
elle se décida finalement, traversa la plage d’abord à petits pas hésitants, puis plus réguliers à mesure que la sensation d’étrangeté se dissipait, elle ramassa l’objet laissé par l’enfant, il s’agissait d’une feuille de papier épais pliée en quatre, elle la déplia,
«une carte!» dit-elle, «une carte de l’île!» elle regarda alentour, comme pour vérifier, puis reporta son regard sur l’objet, «ben oui, une carte de l’île!»
elle la replia et prit le chemin de l’astronef à pas rapides, une fois à l’intérieur elle prit place dans son siège et matérialisa une tablette sur laquelle elle déplia la carte en passant ses mains dessus pour bien l’aplanir,
«une carte de l’île, Sand, regarde,» dit-elle,
l’hologramme s’était assis à son tour, elle lui jeta un regard de côté,
«je devrais te substantifier un peu,» dit-elle, «c’est trop bizarre de voir à travers toi,»
«tu vas t’habituer,» se contenta-t-il de répondre, son attention portée sur la carte,
«ouais, j’imagine,» maugréa-t-elle,
l’île était représentée schématiquement, c’était un dessin d’enfant, la plage, orientée vers le sud-ouest, formait au bas de la carte une bande picotée de points qui représentaient le sable et que léchaient des dessins de vagues, des esquisses d’arbres occupaient presque tout le reste de l’espace, sauf en haut où des esquisses de montagnes formaient une barrière qui s’étirait jusque vers le nord-est, une rose des vents rudimentaire indiquait le nord au-dessus de l’île, un sentier flanqué du dessin d’une grosse roche partait de la plage et s’enfonçait dans la forêt, Charlotte releva la tête, elle le reconnaissait, c’était un des sentiers qu’elle avait elle-même sommairement explorés, le sentier zigzaguait dans la forêt sans direction précise, disparaissant parfois sous le dessin des arbres, et stoppait net au tiers du chemin,
«on dirait une carte au trésor,» dit Charlotte, «c’était courant dans la Vieille Histoire,» ajouta-t-elle, comme si elle savait de quoi elle parlait, «les gens cachaient un trésor quelque part, en général sur une île en plein milieu de l’océan, puis ils dessinaient une carte qui indiquait l’emplacement du trésor, un trésor de quoi, je sais pas, ensuite ils dissimulaient la carte et il fallait d’abord la trouver pour pouvoir ensuite partir à la recherche du trésor,» elle consulta son ordi pour valider son explication, c’était pas tout à fait ça, pas grave, ça suffisait pour le moment, «ah oui, c’est vrai, ils indiquaient l’emplacement du trésor avec un X, mais y a pas de X sur cette carte-ci, l’enfant métamorphe se prend pour un trésor,» ajouta-t-elle, en ricanant, «mais il a oublié de mettre un X,»
«y a autre chose sur la carte, là,» dit l’hologramme,
il pointait du doigt sur la partie inférieure droite du papier, il y avait un espace vide où logiquement devaient se trouver des dessins de vagues,
«je vois rien,» dit Charlotte,
l’hologramme tira une lampe à ultraviolet du poste de pilotage et braqua le faisceau sur la partie vide, une image apparut, le dessin d’une silhouette qui marchait précédée d’une flèche qui pointait droit devant et celui de l’astronef, qui ressemblait à une libellule, qui volait derrière et au-dessus duquel une flèche pointait vers le haut,
«ça veut dire quoi, ça, tu penses?» dit Charlotte,
l’hologramme ne répondit pas, il balaya le reste de la carte du rayonnement ultraviolet, un X apparaissait dans la région de l’île au-delà du sentier et sur les montagnes et se déplaçait aussitôt que le faisceau l’approchait,
«le voilà, ton X,» dit l’hologramme,
«ouais, le voilà,» dit Charlotte, «le X de l’enfant métamorphe qui a la bougeotte, mais ça,» elle revint au dessin dans l’espace vide, «ça veut dire quoi, tu penses?»
«si je lis bien le message,» dit l’hologramme, «il te faudra marcher,»
«ouais, c’est bien ce que je craignais,» dit Charlotte, «mais je veux pas, y en est pas question, je m’enfonce pas à pied dans cette forêt, on va suivre le sentier avec l’astronef,»
«on peut essayer, mais je crois qu’on n’y arrivera pas,» dit l’hologramme,
«ça veut dire quoi, ça, qu’on y arrivera pas?» dit Charlotte, «l’astronef peut très bien voler entre les arbres, pis si y a des bouts où y peut pas, on a qu’à remonter et survoler l’obstacle, non? attends, je veux vérifier quelque chose,»
elle éteignit la lampe, qui réintégra le poste de pilotage, et fit apparaître une relevé cartographique beaucoup plus détaillé de l’île, elle prit la carte au trésor dans sa main, fit disparaître la tablette virtuelle, se pencha sur le relevé cartographique, zooma sur le sentier correspondant à celui de la carte au trésor et en suivit le tracé du doigt, il y avait bien des endroits où c’était un peu serré, mais rien qui bloquerait la progression de l’astronef,
«ça passe, Sand,» dit-elle,
puis, se redressant, elle déroula une interface virtuelle sur laquelle elle superposa le schéma des deux cartes, celle de l’enfant métamorphe correspondait en gros à celle produite par l’astronef, elle activa l’ultraviolet en arrière-plan, le X s’obstinait à ne pas vouloir rester en place, dès qu’on le regardait il apparaissait ailleurs, c’était agaçant, elle essaya de le toucher du bout du doigt, sans résultat,
«pareil avec les ordis, mais au moins les ordis on peut les regarder,» dit-elle, «tu vois, ça passe, on pourrait même survoler la forêt et descendre au bout du sentier, pas besoin de le suivre à ras du sol, on verra rendu au bout,»
elle éteignit l’interface, plia la carte, la rangea dans un repli de l’habitacle et se cala dans son siège,
«y faut que je lui donne un nom, à l’enfant métamorphe,» reprit-elle, «ça va me le rendre plus sympathique, il me fait un peu peur, tu sais? lui donner un nom va l’humaniser, ben j’espère, je pourrais l’appeler X, mais ça veut rien dire, X, attends, méta-X? non, c’est ridicule, ça veut rien dire ça non plus, ah! j’ai trouvé, Fanta, comme fantastique, fantaise, fantasmagorique, ouais, Fanta, on a nommé le X, c’est toujours ça de pris, non?» elle respira profondément et plongea son regard dans celui de l’hologramme, «pourquoi qu’on y arriverait pas? explique-moi ça, tu veux bien?»
«ça passe, comme tu dis, physiquement,» dit-il, «mais je pense que ça ne passe pas dans la dimension de Fanta, l’un exclut l’autre,»
«l’un exclut l’autre,» dit Charlotte, «qu’est-ce que tu veux dire? attends, si je comprends bien, je passerai dans la dimension de Fanta qu’à pied, c’est ça que tu dis? et seule dans la forêt? avec l’astronef haut dans les airs? parce que s’il descend derrière moi Fanta n’ouvrira pas sa dimension, c’est ça?»
«le principe d’incertitude semble être un élément central de la structure de l’île,» dit l’hologramme,
«c’est pas très réjouissant comme interprétation,» dit Charlotte, «t’as tiré tout ça de la carte, han? non, non, dis rien, c’est pas juste la carte, je sais bien, c’est Fanta, c’est son chromaphone qui se transforme en portail dans une autre dimension, ben, c’est ce qu’on imagine, vrai? que c’est une autre dimension, on peut pas être sûr, on sait pas au juste, ouais, c’est ça, c’est toute l’île, l’île on-sait-pas-au-juste,» elle chassa du revers de la main une poussière sur sa cuisse, «je veux pas y aller toute seule, je refuse, j’ai trop peur,»
«la décision te revient,» dit l’hologramme,
«ouais, la décision me revient,» maugréa-t-elle, «bon, j’ai faim, moi, je vais aller manger dans mon holosuite, pis je veux réfléchir, je vais te désactiver,»
«bien,» dit l’hologramme,
elle l’éteignit, quitta son siège, ramassa sa flûte, la tablette se résorba dans l’habitacle, et alla s’enfermer dans son holosuite, elle se synthétisa un verre d’eau et une salade aux tomates, elle mangeait moins, ses pommes la nourrissaient bien, elle était pensive, ça tourbillonnait dans son cerveau, elle essayait de mettre de l’ordre dans ses pensées et de comprendre la série d’énigmes que lui posait Fanta, son ordi lui proposa des pistes de réflexion en relevant la structure mythologique des récits où le héros, ou plutôt, dans son cas à elle, l’héroïne, doit affronter des obstacles avant de parvenir au terme de son périple,
elle voulait bien y croire, mais ça ne la rassurait pas du tout, non, il lui fallait trouver un moyen de s’engager dans la forêt et de traverser dans la dimension de Fanta sans risque, pas question d’y aller comme ça, toute seule, sans défense, et surtout à pied, son léger repas terminé elle décida de chercher conseil auprès de l’hologramme de sa mère, elle lui raconta l’essentiel de ce qui s’était passé depuis son réveil,
«qu’est-ce que je dois faire?» demanda-t-elle, «je sais même plus de quel côté de la réalité je suis, je sais même pas si je suis encore réelle, je suis peut-être un rêve, c’est toi qui me rêve, maman? qu’est-ce que je dois faire?»
elle se rendit compte qu’elle l’appelait « maman » et pas « mère Bay » comme elle l’avait fait plus récemment,
mes émotions sont chaotiques, pensa-t-elle, ça, c’est un fait,
«mon imaginaire est en amont du réel,» dit l’hologramme d’Ono Bay, «et il en définit l’aval, tu te rappelles?»
oui, elle se rappelait, et justement son ordi lui retransmettait mentalement ce bout de conversation qu’elle avait eue avec sa mère à l’autre bout de l’espace-temps,
«tu n’es pas un rêve,» reprit l’hologramme, «l’enfant métamorphe n’est pas un rêve,»
«je l’appelle Fanta,» interrompit Charlotte, «l’enfant métamorphe, je l’appelle Fanta, le -fant de enfant et le -ta- de métamorphe,»
«oui, je sais,» dit l’hologramme, un petit sourire aux lèvres, «vous n’êtes pas rêvées, ni toi, ni l’enfant métamorphe, Fanta, comme tu l’appelles, vous n’êtes pas rêvées, mais vos réalités, la tienne et la sienne, sont à la croisée des chemins, le tien et le sien,»
«ça veut dire quoi, ça?» s’exclama Charlotte, puis, affectant un air déterminé, «mère Bay, qu’est-ce que je dois faire?»
«emporte l’exotriper avec toi,» dit l’holgramme, «ne l’emmène pas, emporte-le,»
«emporte-le?» riposta Charlotte, «l’emmène pas? t’en as de bonnes, toi, comment?» de l’index elle se frappa le front, «attends, ça me donne une idée, des idées même, merci maman, je pense que je sais quoi faire,»
elle éteignit l’hologramme et réfléchit longuement aux idées qui lui étaient venues, deux idées en fait, comment emporter Darsan et comment ne pas avoir à suivre le sentier à pied, avec en bonus une protection supplémentaire, elle présenta le double problème à la matrice de l’astronef, qui lui relaya le résultat de ses calculations, oui, c’était faisable, dans les deux cas, avec risques, pas super sérieux, mais qui pourraient quand même poser problème ultérieurement dans le fonctionnement optimal de l’appareil, elle avait confiance en son adaptabilité, elle prendrait le risque, ça ne se ferait pas en un tournemain non plus, le processus exigerait plusieurs heures de manipulations des algorithmes, son ordi et les trois matrices, celle de l’astronef et celles des holosuites, s’occuperaient des calculs et de la computation, son travail à elle en serait un d’imagination et de direction, elle mit le processus en marche, lâcha un soupir de soulagement, se planta devant son miroir et s’adressa à son reflet,
«si tout va bien la conversion sera complétée,» elle consulta son ordi, «demain à l’aube, c’est drôle, han? à l’aube, demain à l’aube, ma vieille, tu pars en expédition, au moins t’auras le soleil et le trou noir dans le dos,» elle mit ses mains sur ses hanches dans une attitude de défi, «pourquoi je m’adresserais pas à moi-même, comme ça, face à face dans le miroir,» elle pointa son reflet du doigt, puis reposa sa main sur sa hanche, «au lieu de passer par les hologrammes? ça reviendrait au même, non? ben non, ça reviendrait pas au même, c’est trop bizarre, ç’a l’air de quoi se parler dans un miroir? han? pis parler à mon hologramme c’est encore plus bizarre,» elle fit une petite pause, «bon, assez de bavardage, au travail,»
ce qu’elle fit de retour au poste de pilotage, manipulant des données sur les interfaces, elle avait désactivé la transparence de l’habitacle, pas de distraction,
«ouh!» lança-t-elle, «ça va être compliqué,»

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