03 chez Zoé Clarisse

 

ce n’était pas la première fois que Charlotte discutait de dissidence chez Zoé Clarisse, mais c’était bien la première fois qu’elle s’emporta contre une dissidente, Lya Lyalys, une amie de Zoé, sur un sujet qui lui tenait à coeur, celui du rôle prédominant de sa grand-mère, Una Longshadow, dans le Matriarcat,
elle était arrivée chez Zoé en fin d’avant-midi en compagnie de Selsie et d’Élina, encore un peu allumée d’avoir annoncé avec défiance à sa grand-mère la veille que dès le lendemain elle irait visiter Zoé, après qu’Una Longshadow eut accepté de laisser Glas Bok participer sur Terre, oh! si brièvement! et à l’écart des mères, à la célébration de leur anniversaire à elles trois, Charlotte, Selsie et Élina,
Élina quitta presque aussitôt, elle avait rempli son sac en bandoulière de victuailles, le Matriarcat et les mères dissidentes, ça ne l’intéressait pas, elle sauta dans un véhicule et s’envola jusqu’à la ville en ruines qui croupissait à quelques centaines de kilomètres de là et qu’elle n’avait pas encore visitée,
«tu reviens ici ou on te retrouve chez grand-mère?» lui avait demandé Charlotte,
«sais pas,» s’était contentée de répondre Élina,
la sfère d’habitation de Zoé ressemblait à celle de Béatrice, la soeur de Charlotte, ce qui lui plaisait bien, ou plutôt c’était la façon de Zoé d’être bien chez elle qui lui faisait penser à Béatrice, son comportement amène et convivial dans un décor accueillant et sympathique comme chez sa soeur, et, comme chez celle-ci, une véranda donnait, non pas comme là-bas sur la rue principale, mais sur un parc central autour duquel les sphères d’habitation de la petite ville plantée au coeur d’une forêt étaient disposées en cercles concentriques, pas d’édifice ici, à part la sphère agricole au sud sur la périphérie,
ce que Zoé appelait son quartier-général occupait une section de l’habitation, c’est là que les mères dissidentes se réunissaient pour affiner leur critique du régime du Matriarcat et élaborer des plans pour l’assouplir, certaines voulaient tout simplement l’abolir, par une sorte de coup d’état si nécessaire, ce n’était pas la majorité, les voix tempérées qui appelaient au compromis et au changement graduel étaient plus nombreuses,
les trois filles, Charlotte, Selsie et Zoé, installées sur la véranda, des rafraîchissements à portée de main, discutaient tranquillement de tout et de rien, Charlotte avait répété à quel point elle aimait le riche parfum des conifères dont les cimes pointaient au-delà des sphères, Selsie aimait beaucoup elle aussi, Zoé avait ajouté qu’après la pluie le parfum était si pénétrant qu’on en ressentait comme un vertige, elles avaient rigolé un brin des appellations qui circulaient pour désigner les mères fidèles au Matriarcat, les rétro, les réac, les alpha, et les mères dissidentes, les néo, les progs (pour progressistes), les bêta ou les lambda, les appellations rétro et néo étaient les plus communes, après matriarches et dissidentes, qui restaient les appellations en quelque sorte officielles,
«mais quand on y réfléchit,» disait Charlotte, «les rétro, c’est vous, les mères dissidentes, parce que vous voulez revenir à un état d’avant le Matriarcat, c’est logique, non?»
«logique, peut-être,» dit Zoé, «mais jusqu’à un certain point, tu penses pas?»
«m’ouais,» fit Charlotte,
«y a aussi immobilistes,» poursuivit Zoé, «pour les mères du Matriarcat je veux dire, archéo, passéistes,»
«les avant-gardistes pour les dissidentes,» intervint Selsie, «les révolutionnaires, les novatrices,»
«et là encore,» dit Charlotte, «la même logique sémantique s’applique,»
«par contre avec matriarches c’est clair,» dit Zoé, «les mères dominantes, c’est pertinent, et les dissidentes, ça aussi c’est clair, c’est logique, oui? sémantiquement et j’ajouterais contextuellement,»
«ben oui que c’est logique,» acquieça Charlotte,
leur conversation toucha aux visites d’Élina dans les villes en ruines, Zoé était très curieuse de savoir ce que la jeune fille y cherchait, ce qui l’attirait dans ces ruines, ce qu’était en fait ce passé qui en surgissait et dont elle était témoin,
«c’est étrange,» dit-elle, «je veux dire, cette disposition qu’elle a de voir les reflets du passé,»
«ben, elle vient du passé,» dit Charlotte,
«justement,» dit Zoé, «c’est comme si elle était un pont entre le passé et le présent et c’est ce qui m’intrigue, il y a quelque chose dans ce phénomène qui me préoccupe, je sais pas quoi, mais y a quelque chose,»
elle laissa errer son regard sur le parc comme si elle essayait de rattraper ce quelque chose qu’elle n’arrivait pas à définir, Charlotte la fixait avec attention, elle était franchement attirée par la beauté et le charme de Zoé, par sa grâce, son intelligence, par la passion qui l’animait dans sa dissidence en même temps que le pragmatisme qu’elle y appliquait, elle en avait été témoin quand elle avait assisté à une réunion quelques semaines plus tôt, les dissidentes, sur place dans le quartier-général ou reliées par virtuels, débattaient ferme, elles savaient toutes que les matriarches pouvaient capter leurs échanges, ce qui n’était pas grave, insistait Zoé, même si quelques dissidentes se formalisaient de l’ingérence des matriarches dans leurs affaires, c’était pas comme si les dissidentes avaient jamais caché leur programme, elles l’avaient étalé au grand jour depuis le début et même si les matriarches restaient peu réceptives, Zoé ne désespérait pas de les persuader avec patience et détermination, alors qu’un noyau de dissidentes mené par Lya Lyalys, l’amie de Zoé, penchait pour une approche plus agressive, le changement était nécessaire, concédait Zoé, les revendications des dissidentes étaient irréversibles, le génie était sorti de la bouteille et les matriarches ne pouvaient plus l’y faire rentrer,
«le changement doit se faire,» disait-elle, «il va se faire, mais petit à petit, par le dialogue,»
«mais justement,» s’était écriée Lya, «elles veulent pas dialoguer, non, moi je dis qu’il faut les bousculer, il faut prendre l’offensive,»
«je suis pas d’accord,» avait répliqué Zoé,
sans réellement craindre une répression violente des matriarches si les dissidentes précipitaient leur agenda comme Lya et son groupe le proposaient, elle n’en écartait pas la possibilité,
«on se battra alors,» dit Lya,
«les matriarches sont puissantes,» dit Zoé,
le différend se serait envenimé ce soir-là si des têtes froides n’étaient pas intervenues,
Charlotte continuait de fixer Zoé qui continuait de fixer le vide, elle avait envie de caresser sa peau aux reflets bleuâtres, son ordi flottait comme une perle azurée près de sa tempe gauche, elle s’était ouverte à Selsie de l’attirance physique qu’elle éprouvait pour Zoé,
«ouais, je sais,» avait dit Selsie, «j’avais remarqué, tu sauras,»
elle n’était pas jalouse, pas vraiment, elle-même n’était pas insensible au charme de Zoé. c’est juste que ça la froissait un peu, craignait-elle que Charlotte la repousse pour se tourner vers Zoé? oui et non, peut-être, mais en même temps que pouvait-elle y faire? c’était même pas certain que Charlotte retournerait à Valence, alors,
Charlotte ressentit le regard de Selsie sur elle,
«quoi?» fit-elle, en se retournant,
«rien,» dit Selsie,
«Lya vient de me contacter,» dit Zoé, sortant de sa rêverie, «elle s’en vient, tiens, la voilà justement,»
en effet, Lya traversait le parc à bord d’un motocycle, qu’elle rangea contre la véranda,
«sais-tu quoi?» lança-t-elle à Zoé, en montant les trois marches et après avoir salué Charlotte et Selsie, «les matriarches viennent d’interdire le séjour sur Terre à la délégation, pourtant elles étaient d’accord, et là, comme ça, elles changent d’avis,»
Lya se laissa tomber sur une chaise qu’un robot venait de placer à côté de celle de Zoé,
«elles ont pas dit pourquoi?» lui demanda celle-ci, «qui t’a annoncé ça?»
«je comprends pas,» dit Lya, «non, elles ont pas dit pourquoi, c’est Balsano qui me l’a appris, la délégation a reçu un message sur Lune, pas de droit de séjour pour le moment, c’est tout,»
Amin Omer Balsano était le chef de la délégation des hommes qui désiraient s’entretenir avec les représentantes du Matriarcat pour discuter de leur éventuel retour sur Terre, la rencontre devait avoir lieu dans les prochains jours,
et c’est à ce moment que Lya proféra des paroles qui piquèrent Charlotte,
«ça,» dit-elle, à son adresse, «c’est de la mère Longshadow tout craché,»
«pas juste ma grand-mère,» s’exclama Charlotte, «elle est quand même pas toute seule à décider,»
«peut-être pas,» dit Lya, «mais son influence est décisive, presque toutes les matriarches se rangent de son côté,»
«pas presque toutes,» dit Charlotte, «t’exagères,»
elle aurait voulu avancer des arguments pour contrer l’opinion de Lya, elle n’en trouvait pas, et c’était un fait, elle devait se l’avouer pour en avoir été témoin : la mère Longshadow exerçait une influence prédominante sur la conduite du Matriarcat,
«non, j’exagère pas,» reprit Lya, «ta grand-mère contrôle le Matriarcat,»
«ah non! c’est pas vrai!» lança Charlotte,
encore une fois elle aurait voulu objecter avec fermeté et substance, mais elle ne trouvait pas les mots,
«c’est vrai qu’on l’écoute, ta grand-mère,» intervint Selsie,
«ah, toi!» lui dit Charlotte, d’un ton sec, «ouais, peut-être,» ajouta-t-elle aussitôt, conciliante, puis, à Lya, «faudrait quand même pas tout lui mettre sur le dos,»
«non, mais on peut lui en mettre beaucoup,» dit Lya, «c’est ta grand-mère, je comprends, t’entretiens des liens affectifs avec elle, mais ça fait effet tunnel, tu la vois pas objectivement,»
«c’est pas logique ce que tu viens de dire,» rétorqua Charlotte,
«c’est très logique, au contraire,» dit Lya, «Una Longshadow est une mère obstinée, têtue, elle reste accrochée à une vision désuète du Matriarcat, elle veut pas en démordre, elle est sûrement pas la seule à prendre des décisions, j’en conviens, mais c’est elle qui mène le bal et tu me feras pas changer d’idée sur ça, pourquoi elle a rembarré la délégation, tu penses? je vais te le dire, moi, pourquoi, parce qu’elle a peur,»
«peur de quoi?» dit Charlotte, « peur des hommes?»
«oui, peur des hommes,» dit Lya, «peur de perdre le contrôle du Matriarcat, peur de perdre sa place à la tête des matriarches,»
Charlotte vint pour riposter, bien qu’elle ne savait pas trop quoi dire, quand Zoé coupa court à leur discorde,
«ça suffit, vous deux,» dit-elle, «on règlera rien en se disputant, mère Longshadow ou pas reste que la délégation est bloquée, temporairement peut-être? on sait pas,» puis, s’adressant à Lya, «Bolsano en a peut-être appris un peu plus entretemps, je vais le contacter,»
ce qu’elle fit via son ordi,
Charlotte observait Lya, le soleil reluisait métallique sur sa peau ébène, elle était grande, musclée, chauve, vêtue seulement d’un short noir, des sandales noires aux pieds, sa poitrine comme deux mini cônes, les épaules carrées, les cuisses fortes, son ordi, noir lui aussi, comme une bille à la racine de son nez, Charlotte n’en revenait toujours pas de ce noir intégral, ça la fascinait, même ses pupilles étaient noires,
un virtuel se matérialisa, la communication était établie avec Amin Bolsano, elle ne dura pas longtemps, il n’en savait pas plus que tantôt, quand il avait reçu le message du Matriarcat, les mères n’avaient donné aucune explication, juste que la permission accordée à la délégation de descendre sur Terre était révoquée, il avait essayé de les contacter pour en discuter, en vain, elles ne répondaient pas, ça ne servait à rien de s’obstiner, c’était aux dissidentes de s’informer, de son côté, sur Lune, il fallait attendre, voir comment la situation évoluerait,
Zoé éteignit le virtuel, Lya se tourna vers Charlotte,
«tu devrais lui parler, toi, à ta grand-mère,» lui dit-elle, «après tout t’es peut-être un atout dans notre lutte,»
«moi, un atout?» dit Charlotte, «tu me feras pas jouer un rôle que je veux pas jouer,»
«non, bien sûr,» dit Lya, «mais t’es proche d’elle, t’es mieux placée que nous pour la faire parler,»
«ah! si tu savais!» lança Charlotte,
elle voulut ajouter que sa grand-mère était comme sa mère, pas moyen de rien savoir, mais elle se retint, elle ne voulait pas ajouter de munitions à l’opinion adverse que Lya se faisait d’Una Longshadow,
«je vais lui parler,» dit-elle plutôt, «mais je garantis rien,»
«je vais lui parler avec toi si tu veux bien,» intervint Selsie, «j’ai quelques idées en tête,»
«comme quoi?» lui demanda Charlotte,
«ben au moins une,» dit Selsie, «je t’en parlerai plus tard, laisse-moi l’affiner avant,»
«okay,» dit Charlotte,
«fais ce que tu peux,» lui dit Lya, «mais vois-tu, l’écosphère a toujours été bisexuelle, la Terre est bisexuelle, y a des exceptions, bien sûr, mais fondamentalement la Terre a évolué en deux genres et depuis que les hommes en ont été chassés son équilibre cosmique est rompu, sa myhtologie est bancale, il lui manque la pensée des hommes, il lui manque l’imaginaire masculin,»
«mais c’est pas grave, ça,» dit Selsie, «la Terre peut bien continuer à survivre encore longtemps sans la pensée des hommes, pis ça change rien à l’ordre cosmique,»
«ça reste à voir,» dit Lya, «c’est une question d’équilibre métaphysique,»
«qu’est-ce que ça veut dire, un équilibre métaphysique?» demanda Selsie, «tu comprends ça, toi?» ajouta-t-elle, s’adressant à Charlotte, qui fit signe que non,
«les hommes sont partout dans les lieux habités, on s’entend sur ça,» reprit Lya, «mais c’est la pensée des mères qui prime, ici, dans le lieu solaire, au Mémoriel, dans le lieu arcadien avec ta mère, Charlotte, et la mère LaGross, la voix des hommes n’est pas étouffée, la pensée masculine n’est pas réprimée, elle est libre de s’exprimer, mais elle le fait dans le cadre de la réalité du Matriarcat, elle s’inscrit dans un réel manipulé par les mères, c’est toute la dimension mythique de l’humanité que les mères se sont appropriées, c’était nécessaire au début pour réparer la planète, mais ça ne l’est plus maintenant, c’est devenu un régime rigide qui n’a plus sa raison d’être, le temps est venu de partager à nouveau Terre avec les hommes, leur redonner l’opportunité de manipuler le réel et faire de Terre le coeur d’une manipulation binaire,» elle observa un moment de silence avant d’ajouter avec un sourire en coin, «c’est pas juste ça, c’est aussi que je veux sentir la présence des hommes sur Terre, je veux les voir marcher sur cette planète qu’ils ont habitée avec nous depuis le début des temps, je veux entendre leur voix, je veux sentir leur odeur,»
«tu veux les toucher,» l’interrompit Zoé,
«oui,» dit Lya, en se levant, «je veux les toucher, ici, sur Terre,» elle pointa le sol du doigt, «fais ce que tu peux,» répéta-t-elle à Charlotte sur un ton péremptoire, «et fais-le vite,»
«ben là!» fit Charlotte, «c’est moi qui décide, hein?»
«peut-être pas autant que tu le crois,» dit Lya, puis, d’adressant à Zoé, «faudra tenir une réunion,»
«c’est pas urgent,» dit Zoé,
Lya, un pied déjà sur la première marche de la véranda, se retourna d’un coup sec,
«mais qu’est-ce qui te prend, toi?» lui lança-t-elle,
Zoé ne répondit pas tout de suite,
«oui, on tiendra une réunion,» finit-elle par dire,
Lya la dévisagea un moment comme si elle essayait de percer la réserve de son amie, descendit les trois marches, enfourcha son motocycle, «je t’appelle ce soir,» lui lança-t-elle par-dessus son épaule et piqua direct à travers le parc,
Charlotte regarda Zoé qui encore une fois semblait plongée dans une profonde réflexion,
«qu’est-ce qu’elle a voulu dire quand elle a dit qu’est-ce qui te prend?» lui demanda-t-elle, «pis je vais faire ce que je veux quand je le veux,» ajouta-t-elle, «non mais!»
«rien, elle a voulu rien dire, c’est pas important,» dit Zoé, «mais dis-moi, est-ce que les matriarches s’intéressent aux visites d’Élina dans les villes en ruines? elles doivent sûrement la surveiller, ta grand-mère par exemple, est-ce qu’elle questionne Élina à ce sujet?»
«oui, non, je sais pas,» dit Charlotte, «ben, je veux dire, Élina raconte ses excursions à grand-mère, ben, à vrai dire, à qui veut bien l’écouter, elle montre les virtuels de ses rencontres, grand-mère enregistre tout, ça fait partie de la mémoire collective,»
«je sais,» dit Zoé, «mais à part d’enregistrer, est-ce qu’elle montre un intérêt particulier pour les visites d’Élina? ta grand-mère, est-ce qu’elle pose des questions précises ou singulières? est-ce que certains aspects des excursions ou, je sais pas, moi, des fantômes l’intéressent plus que d’autres?»
«tu te rappelles,» dit Selsie à Charlotte, «y a deux semaines, non, trois, Élina racontait une excursion à ta grand-mère, tu te rappelles comment elle était absorbée par les virtuels d’Élina? elle lui avait même demandé de revenir sur certains fantômes,»
«ah oui,» dit Charlotte, «c’était comme si elle voulait les examiner de plus près,»
«comme si elle cherchait quelqu’un,» dit Selsie,
«ah ça, je sais pas,» dit Charlotte,
«ben, pas quelqu’un nécessairement,» reprit Selsie, «un signe, un lien, quelque chose,»
«un lien avec le présent peut-être,» dit Zoé,
«qu’est-ce que tu veux dire?» lui demanda Charlotte,
mais Zoé se connectait via son ordi à la banque de données du Matriarcat, expliquant au deux filles qu’elle allait dès cet instant télécharger les enregistrements des virtuels d’Élina que les mères avaient catalogués, ce qu’elle fit, et ce qu’elle aurait dû faire depuis longtemps, ajouta-t-elle, en tout cas depuis qu’une certaine idée lui avait germé dans l’esprit,
«quelle idée?» lui demanda Charlotte, «qu’est-ce que tu cherches au juste? pis c’est quoi le rapport avec Élina?»
«je sais même pas s’il y en a un,» répondit Zoé, «je vais examiner les enregistrements, je trouverai bien, ou pas,»
«pis toi?» demanda Charlotte à Selsie, «tantôt t’as dit que t’avais une idée quand on parlerait à grand-mère, à propos de la délégation, là, ben, on a pas décidé encore, tu lui dirais quoi?»
«je te l’ai dit,» répondit Selsie, «faut que j’y réfléchisse,»
«ah ça!» s’exclama Charlotte, «y a que moi qui a pas d’idée ici?»
sur ce arriva Élina toute excitée,
«j’ai parlé avec un fantôme!» lança-t-elle en garant son véhicule devant la véranda, «il s’appelle Victor Dostoïevski!»

2 Responses to 03 chez Zoé Clarisse

  1. catse dit :

    ah mais c’est que ça vire ton matriarcat maintenant , tu vas à contrario de la tendance actuelle tu le sais ?
    elles ont qu’à faire des manifs « gilets jaunes » ah ah
    t’as réussi à nous mettre Dostoïevski , il va faire quoi ce fantôme ?

    • Jean dit :

      ce qu’il va faire, ce fantôme Dostoievski? tu verras, tu verras
      le Matriarcat est devenu trop rigide et c’était inévitable que la dissidence germe en son sein

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